Berlin, dernière est le premier roman écrit, toutes langues
confondues, sur l'après-chute du
mur de Berlin, il marque le début du Wenderoman. Il s'agit d'un
« portrait de fin d'un monde », celui de la ville symbole de la guerre
froide, avec la chute du mur en 1989 et « les anges aux cheveux
bariolés » qui vivent à Berlin-Ouest, dans le quartier alternatif de
Kreuzberg. Le roman est publié aux éditions Flammarion par l'éditrice
Françoise Verny. Sorti en 1990 au moment de la réunification de
l'Allemagne, il est considéré aujourd'hui comme un livre culte, symbole
d'une génération et d'une époque.
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" – Aujourd’hui, il y a eu un tremblement de terre.
J’ai claqué la porte. Andy m’a regardée.
J’ai claqué la porte. Andy m’a regardée.
– Le Mur est tombé, dis-je, la RDA ouvre ses frontières.
Ils l’ont dit à la radio. Berlin est ouverte.
Il est resté figé dans son fauteuil. À me regarder, à ne
pas en croire ses yeux. À n’avoir jamais vu ça de sa vie.
Silence.
– C’est vrai, dis-je, ils l’ont annoncé à la radio.
Silence. J’étais debout, adossée à la porte. La porte
tremblait.
– À la radio, à l’instant.
Le 9 novembre 1989. Il faisait nuit. Nous sommes sortis.
Tous les deux.
Nous avons marché, marché dans les rues. On ne
reconnaissait plus les rues.
Elles avaient pris un visage étrange. Hostile.
La plupart des gens ne savaient pas encore. On le voyait
sur leur figure. Ils ne savaient rien. Ils allaient en paix. "
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